VENDÉE GLOBE : des nouvelles de Romain ATTANASIO – N°2

Cette page est actualisée régulièrement pour vous donner des nouvelles de Romain ATTANASIO sur le VENDEE GLOBE 2016.

Tous dans l'aventure avec Romain
Tous dans l’aventure avec Romain

 

1er janvier 2017 :
Tempête pour Noël ! Pétole pour le 1erJanvier !
Dur dur le début 2017.

Message de Romain :
« Bonsoir les amis,
Moral au plus bas.
C’est pas possible d’avoir une météo aussi merdique depuis le début, ça part devant à chaque fois comme par hasard, quand je suis derrière.
Il est fou ou quoi le bon Dieu du Père Lautram !
Bon, le vent revient depuis 2h00 et je viens de renvoyer le grand genaker, 77 miles en 24h00, c’est beau.
La molle avance avec moi alors que Didac qui n’était plus qu’à 40 miles devant, a réussi à passer comme une lettre à la poste.
De plus il y a une mer dans tous les sens, bref vivement que je me casse de là.
Aller ça ira mieux demain.
Bonne année,
Romain »

J56 : Noël sous la tempête, St Sylvestre dans…


31 décembre :
Allo la terre, ici la mer. Me voilà en 2017,
Bonne année à tous
Romain.


Romain en tête du VENDEE GLOBE …. pour passer 2017 !
Alors que les leaders de la course ont déjà commencé à remonter l’océan Atlantique, les 4 derniers concurrents du Vendée Globe vont faire leur entrée dans l’océan Pacifique d’ici quelques heures. Mais pour l’instant, ils se trouvent juste à l’aplomb de l’Australie. Et par le jeu des fuseaux horaires, les Australiens sont toujours les premiers à fêter le Nouvel An, et les Américains les derniers. Même s’il n’est que 17ème au classement, Romain Attanasio aura en quelque sorte de l’avance sur Armel Le Cléac’h et Alex Thomson, car il va entrer en 2017 avant eux !
La bascule dans la nouvelle année se fera à midi, heure française. Alors, le skipper de Famille Mary – Etamine du Lys va-t-il déboucher le champagne à l’heure française ou à l’heure australienne ?

30 décembre :
Nous savons maintenant pourquoi Romain s’entraine si durement à faire des crêpes…

J54 : Un atelier crêpe raté pour Romain…

29 décembre :

J53 : « Une nuit d’enfer » pour Romain Attanasio…

« Bonjour à tous,
Ha là là ! C’est pas humain cette course.
J’ai passé une nuit d’enfer à écoper le bateau pour cause d’évacuation du cockpit bouché, une première fois par un bout et la deuxième fois par la balise EPIRB…qui s’est déclenchée, donnant une alerte pour rien, m’obligeant à me justifier auprès des gardes côtes Australien et du PC course.
Là, ça va mieux, je suis toujours au reaching mais dans 15nds de vent c’est plus cool.
La météo est compliquée jusqu’en nouvelle Zélande mais les fichiers ne sont pas calés, pour le GFS c’est tout droit au reaching et on reste en arrière de notre dépression mourante, pour le CEP, il y a une transition dans 3 jours.
Bon, dans tous les cas, c’est plutôt bien et enfin calme mais ça tape toujours un peu, c’est le truc chiant.
Encore 2000mn et je change de côté sur la carte.

Pauvre DIDAC, lui n’a pas de bol, il fallait être derrière ce coup ci.
Moi, ça fait 3 jours que je ne forçais pas pour ne pas arriver trop tôt, du coup ma pénalité est passée comme une lettre à la poste.
Bon, encore une tempête de passée sans casse, maintenant j’essaye de rattraper devant.
Bonne journée.
Romain »


28 décembre :
Au cours des prochaines 24 heures, Fort coup de vent au Nord, Zone d’exclusion au Sud, Vent de face d’Est.
Garder la tête froide pour éviter de partir à l’Ouest.
Demandez le programme.


27 décembre :
Romain a enfin ouvert ses cadeaux :

J51 : Romain Attanasio vient d’ouvrir ses…

Passage du Cap Leeuwin :

J51 : Romain Attanasio a franchi le Cap Leeuwin…

Le Cap Leeuwin a été passé ce matin à 2h40 UTC.
A cause de l’arrêt technique de Captown qui aura coûté 6 jours, il aura fallu 50j 14h 38′, soit 21j 18h après le premier.
Romain pointe actuellement en 17ème position et a mis en panne 4h00 pour effectuer une pénalité imposé par le PC COURSE pour cause de déplombage du moteur à Captown.
Comme promis, il a récupéré 10 litres d’eau qui seront transvasés dans des flacons destinés aux partenaires.
L’eau des 3 caps que Romain aura passé !


26 décembre :

J49 : Romain Attanasio passe Noël dans de rudes conditions …

Vacation radio de ce matin, à 4h30.
« Ça fait deux jours que je galère parce que j’ai eu la tempête et depuis je n’ai plus d’aérien (ndr : capteurs girouette-anémomètres de tête de mât qui donnent aux instruments et donc au pilote automatique la force et la direction du vent. Quasi indispensables en solitaire).
En fait, je n’ai plus d’infos de vent.
J’ai du batailler dans tous les sens pour essayer de réparer ça : j’ai changé le câble, vérifié ma centrale etc.
J’ai trois aériens et je n’en ai pas un seul qui marche, donc je ne sais pas… c’est un peu galère !
J’ai passé mon temps à faire ça et du coup je n’ai même pas encore ouvert mes cadeaux de Noël.
Là, le vent refuse et ça commence à mouiller, j’ai des vagues qui passent par-dessus le bateau.
—————————-
La météo est sacrément compliquée : il y a une dépression qui doit se former sous l’Australie et qui se forme avec le front qui est venu avec nous.
Ça fait un peu peur, parce que selon où elle est placée…
Déjà, c’est du vent de face.
Moi qui arrive un peu plus tardivement que Didac (Costa), j’espère avoir plutôt du vent de Sud et pas trop fort.
Mais la question s’est beaucoup posée : mes routages depuis quatre jours me préconisent une fois de la passer par le Nord pour en faire le tour au portant, une autre fois par le Sud, un peu plus au près mais plus maniable.
Par le Nord, il y a 60 nœuds de vent sous l’Australie, je ne me vois pas aller dans 60 nœuds, même au portant !
C’est encore la grande question du jour, j’attends le prochain fichier de vent.
Ce qui est marrant, c’est que je me positionne et que je m’inquiète depuis quatre jours pour un phénomène qui n’a pas encore commencé, ce n’est pas comme si elle était là cette dépression et que je ne savais pas comment la prendre, pour l’instant elle n’est pas là, c’est un peu spécial !
A voir… pour l’instant rien n’est sûr.
———————-
Là, j’attends que tout le monde se réveille à terre pour savoir si je dois couper ou non une prise pour la changer et puis, après, je vais ouvrir mes cadeaux de Noël.
J’ai déjà commencé hier un petit peu, j’en ai ouvert un, mais… tu passes ton temps à chialer comme une madeleine en ouvrant tes cadeaux, c’est un peu… ce n’est quand même pas le meilleur moment (rires) !
Tu te demandes un peu ce que tu fais là… mais bon voilà, c’est le Vendée Globe !
——————
Après, la partie n’a pas l’air simple.
Aujourd’hui ça a l’air bien une fois qu’on aura passé cette dépression sous l’Australie, ça a l’air pas mal.
Tout l’Indien est vraiment une galère parce que la mer est franchement horrible.
Sous l’Australie et jusqu’en Nouvelle-Zélande, c’est un peu compliqué météorologiquement car il y a beaucoup de phénomènes.
J’ai hâte de passer tout ça et d’arriver dans le Pacifique !
A plus,
Romain« 


25 décembre:
Message reçu de Romain, en ce jour de Noël :
« Bonjour les amis,
Hier soir tout le monde a fêté Noël avec les enfants qui attendent ça depuis des mois.
Il faut reconnaître que penser à ça tout seul on fond de l’océan indien, ça fait quelques choses.
D’autant que la semaine na pas été facile avec 2 forts coup de vent, beaucoup de zig zag et peu de miles vers le cap Leeuwin.
Aujourd’hui j’en suis à 600mn, on approche.
J’ai pas été très chanceux avec la météo d’autant que le groupe devant a de bonnes conditions et continu à creuser l’écart.
Samedi soir, pendant que vous fêtiez noël je rentrais dans une tempête avec 50nds de vent.
Je fait attention de surtout ne rien casser.
Ensuite une dépression au sud de l’Australie se forme cette semaine et elle m’inquiète.
Pour le moment je vais arriver sur elle au près, le vent très fort d’Est de face.
Là, ça rigole plus.

Si elle ne prend pas de retard d’ici là, le plus méchant sera pour Didac et Peter qui sont devant moi.
Il y a 2 options très différentes selon le fichier météo.
Une par le sud face au vent et une autre par le nord pour contourner la dépression avec du vent portant.
Mais cela m’emmène presque sur la cote sud Australienne et la grande barrière.
Sacré détour !!!
Bref pour la première fois dans cette course je ne suis pas pressé d aller vite….

Sinon, tout va bien à bord, le bateau est ok.
Je fais quelques menus travaux d’entretien tous les jours, je regarde des films et je scrute la météo pour trouver le meilleur passage pour rejoindre ….enfin….le pacifique tant attendu.
C’est dur mais je crois que c’est pour tout le monde pareil..
Chacun a ses problèmes à gérer.
Hier, j’ai profité d’une zone de calme pour affaler complètement la grand voile, réparer une petite latte sur la têtière et recoller un renfort.
Plus facile à faire dans la pétole bien sûr.
Donc à part le fait d’être loin derrière et que la météo à venir n’est pas réjouissante je n’ai pas à me plaindre.
Si peut être de la nourriture.
Je commence à en avoir marre du lyophilisé et je rêve de plus en plus souvent dans mon sommeil de pizza et autre côte de bœuf.

Noël, pour moi, ce sera ce soir, après le coup de vent.
J’ai hâte de découvrir ce que le père noël ma apporté, d’autant que depuis 50 jours je suis très sage …
Tiens, c’est vrai çà, aujourd’hui, c’est mon 50ème jour de course.
J’ai cent jours de nourriture mais je ne suis pas à la moitié de la course.
Tout cela tient de mon arrêt en Afrique du sud.
2 jours pour y aller, 2 jours sur place et 2 jours pour revenir pratiquement sur le lieu où j’avais tapé l’OFNI.
Le compte est bon, enfin j’espère.
Noël en mer près du cap Leeuwin, seul sur un IMOCA du Vendée Globe, génial non ?
Bon dimanche à tous,
Romain »


24 décembre :
« Joyeux Noël / Merry Christmas de 41°S 98°E.
Ici, le père Noël va venir 7h avant qu’il n’arrive en France !
Voilà les amis,
Le programme pour notre soirée de noël,
on sera au niveau des 2 carrés bleu et rose entre 00H TU et 3HTU.
Je vais m’ouvrir une boite de tartinable offerte par la conserverie GENDREAU, un de mes partenaires de St Gilles Croix de Vie.
La spéciale Cap Leeuwin que je devrais doubler Mercredi ou Jeudi..
Bon Noël à tous !
Romain »


23 décembre :
Et oui, demain c’est le réveillon de Noël !!

J47 : Romain ATTANASIO se prépare pour Noël…


22 décembre :
Hier soir on a fait un Skype / Apéro avec Romain et ses amis proches – ça fait du bien pour le skipper dans la mer du sud.
Ça booste le moral !!

Résumé de la journée :
« Bonjour les amis,
Ouf, tout va bien on respire enfin après plusieurs jours de vent et les dernières 24H00 horribles, avec un vent qui passe de 2 à a 50 nds et bascule de 40°.
Je ne regrette pas d’avoir rapidement pris la décision de remonter vers le Nord, de plus, j’ai mis 150 miles à mon poursuivant.
Malgré mon détour de 6 jours, c’est une petite victoire d’avoir quelqu’un derrière.
J’ai peu dormi depuis 2 jours donc je me repose un peu.
Mes réparations tiennent et les 3 prochains jours seront sur le même bord.
A bientôt
« 


20 décembre :
Vacation radio de ce jour :
« Quand tu m’as appelé le vent mollissait, j’ai eu le temps d’envoyer le solent à la place du J3.
Ensuite, j’ai voulu renvoyer un ris et là, j’ai galéré : la bastaque était passée du mauvais côté et ça m’a pris une heure pour renvoyer un ris !
Ceci dit ça va mieux, j’ai 25 nœuds de vent c’est les vacances par rapport aux trois derniers jours dans 40 à 45 nœuds.
Je n’en pouvais plus, c’était un peu dur.
Je me casse au Nord car vu la prune (tempête) qui arrive je n’ai pas envie de la prendre.
Dedans, il y a 50 nœuds fichiers, ce qui fait 65 nœuds moyens, je ne te raconte pas les rafales !
Du coup je vais au Nord, ça me rallonge forcément : je fais cap au 40° alors que sur l’autre bord je serais sur la route, mais pas le choix.
Je vais monter jusqu’à 38°Sud alors que le plus gros passe par 42°Sud.
Je serai donc plus au Nord que la dépression, ça devrait être bon.
Je vais naviguer comme ça jusqu’à ce soir.
J’ai encore 200 milles à faire vers le Nord.
Ensuite j’empannerai, en fin de journée, et la dépression glissera sous moi.
Heureusement que je suis là, je ne me vois pas faire des empannages dans 50 nœuds de vent le long de la ZEA comme le préconisait mon routage, ce serait n’importe quoi (rires)! Il n’y a pas le choix, évidemment.
Les conditions s’améliorent beaucoup, il fait plus chaud, la température a beaucoup changé alors qu’avant hier matin il faisait un froid comme tu ne peux pas imaginer, avec de l’eau qui ruisselait partout dans le bateau.
Mais là ça va, je vais bien, je viens de passer trois jours sous J3 et 3 ris et je me suis fait des longues sessions de 4 heures de sommeil d’affilée, alors je ne suis pas fatigué.

Hier j’en avais un peu marre des 45 nœuds.
Ce n’était pas tant le vent qui était galère, mais la mer qui était vraiment horrible, croisée, avec des petites vagues qui tapent dans tous les sens.
Du coup, tu peux à peine te déplacer dans le bateau.
C’est usant.
Au bout d’un moment, tu en as un peu marre et tu as vraiment envie que ça s’arrête.
Je fais beaucoup de bâbord amures, donc appuyé sur mon demi-safran qui barre un peu moins bien.
Cela entraine un peu plus de consommation électrique, parce que mon pilote fait forcément des zigs et des zags.
Je suis aussi obligé de prendre un ris beaucoup plus tôt, parce que le bateau part au tas plus facilement.
C’est pour cela que parfois je suis sous trois ris alors que deux conviendraient mieux.
Je surveille ma coque, ce qui me fera un peu peur, sur l’autre bord, ce sont les chocs latéraux, quand la mer vient taper sur le flanc du bateau, sur la partie enfoncée.
Pour l’instant ça va.
Après, soit ça s’aggrave et je suis mal, soit ça ne bouge pas et petit à petit je vais oublier le problème.
Quand j’ai un petit coup de moins bien, je me souviens que voilà quelques jours, avant ma réparation en Afrique du Sud, j’étais à deux doigts d’abandonner et en ce moment je pourrais être en train de remonter l’Atlantique en convoyage.
Là je suis toujours en course sur le Vendée Globe et je fais ma route. Quand j’y pense, ça va tout de suite mieux ! »


19 décembre :
Des images impressionnantes envoyées par Romain Attanasio qui cherche à éviter une plus grosse dépression.


J43 : Des pointes à 45 noeuds pour Romain… par VendeeGlobeTV


18 décembre :
Message journalier de Romain :

« Chaud patates,
Les boules pour Stéphane, un démâtage c’est tout ce que je redoute.
La mer est mauvaise ici, très croisée ça tape beaucoup et j’ai 40 nds de vent.
Je n’ai pas le choix que de naviguer dans le sens du vent et il fait froid.
Je vais faire un peu de nord pour dégager de la trajectoire de la grosse dépression qui va nous passer dessus dans 3 jours.
 Ça rallonge un peu mais je me vois mal bloqué le long de la ZEA avec 70 nds de vent et 8 mètres de creux.
Sinon tout va bien,
Je pense à vous, peut-être au chaud devant votre cheminée.« 

« Et voilà, une semaine de course depuis mon départ 2.0 de Simonstown.
Une semaine dans les fameux 40ème rugissants et de ce côté-là, je ne suis pas dessus.
Le vent moyen depuis une semaine tourne autour de 25 nds.
Je suis content de mes réparations qui pour le moment ne montrent aucun signe de faiblesse.
Bien sûr, j’ai toujours une petite voie d’eau au niveau de mon snarckl endommagé, environ 2 litres par 24 heures mais je le savais.
Pour le reste, coque et safran, rien à dire.
Je suis tellement content d’être à nouveau en course.
Samedi matin, j’ai eu du mal à me décider sur le fait de prendre un ris ou pas car le vent n’arrêtait pas de varié de 20 à 30 nds.
Je commençais à m’énerver et là je me suis dit : tu te rends compte que tu es toujours en course….forcément çà aide à relativiser et j’ai retrouvé mon calme rapidement.
Je ne sais plus qui disais : je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends, c’est une bonne leçon pour moi.
Bref, depuis une semaine donc, le truc le plus marquant c’est le froid.
Il fait autour de 0° et c’est très humide.
Le ciel est gris et bas et le vent glacial.
Je suis en permanence très habillé avec 3 polaires et ma combinaison sous ciré, une sorte de ciré en polaire windstopper mais pas étanche qui se porte sous le ciré.
J’ai sorti mon sac de couchage grand sud qui a déjà fait ses preuves avec Sam sur le VG et la Volvo et j’allume le moteur 3 fois par jour, bien sûr pour charger les batteries mais aussi pour chauffer l’intérieur.
Bon, comme l’eau est très froide le moteur est juste tiède mais c’est déjà super.
Je fais attention à bien secouer mon ciré quand je rentre dans le bateau et à essuyer l’eau qui ruisselle de mes bottes pour ne pas avoir trop d’humidité dans la cabine car évidemment rien ne sèche.
J’ai aussi allumé mon radar car j’approche des Kerguelen et nous savons par la direction qu’un iceberg se promène au nord des îles, sur ma trajectoire.
Il y a aussi le bateau de Kito qui n’émet plus depuis 4 jours, sûrement à l’envers maintenant, sa dernière position connue se trouve pile sur ma route pour aujourd’hui, donc méfiance.
Les Kerguelen, un point de passage mythique du Vendée globe que je suis content de passer à mon tour.
Je me rappelle quand j’étais gamin qu’Alain Gautier avait appris la naissance de sa fille en passant là et qu’il l’avait appelé marie Kerguelen, joli non?
Finalement la course avance et je pense passer le cap Leeuwin pour le jour de noël.
Il va falloir que je refasse mon retard sur le groupe avec lequel je naviguais avant le choc.
C’est vrai que depuis le départ d’Afrique du sud je navigue sans folie, encore certainement dans le traumatisme de la semaine dernière.
Mais ça va revenir pas de problème et la course va reprendre le dessus.
Même si ne n’attaque pas trop pour préserver le matériel, je ne rate jamais un classement qui tombe toutes les 4h pour comparer les vitesses, les trajectoires etc, depuis samedi la tempête était annoncé pour dimanche avec 50 nds de vent annoncé, mon plus gros coup de vent depuis le début de la course; la mer va être très grosse avec des vagues de 6 à 8 mètres.
Bref le Vendée Globe dans les 40ème rugissants.
Bonne semaine ! »


17 décembre :
Vidéo de Romain avant la tempête de demain !


16 décembre :
Vacation radio du 16 décembre 2016
« Je suis un miraculé, Il y a une semaine j’étais au fond du trou.
Etre à nouveau en course, c’est top.
Je ne suis pas dernier en plus.
J’ai été un peu refroidi par tout ça donc j’y vais tranquille.
Je suis sur le côté où je n’ai qu’une moitié de safran donc il est moins contrôlable. Quand j’ai vu l’impact et que j’ai vu les deux safrans, je me voyais déjà en convoyage dans l’Atlantique.
Les safrans je les avais montés au printemps donc je savais que c’était galère. Deux jours avant d’arriver j’ai vu…

C’est tellement vertigineux cette course qu’il faut prendre les choses une par une, il faut avancer petit à petit.
C’est dur cette course, tout peut arriver à chaque instant.
Là je peux taper un truc en face de moi, c’est la vie.
Je suis plus stressé qu’avant.

Ce qui me freine, c’est le safran qui est coupé à moitié.
Côté tribord, j’ai le délaminage donc je ne veux pas que le bateau tape trop fort.
J’imagine que le départ à l’abatée est plus facile…
Donc je fais attention. Mais le bateau se comporte quand même très bien.

Je pense qu’on peut toujours rentrer quelque part même avec des moignons de safran. Il me reste de la résine et des tissus mais je ne veux pas recommencer ça.
J’ai toujours voulu boucler ce tour du monde.
Il reste beaucoup de chemin à faire.
Des fois c’est dur et je repense à mes problèmes, ça me permet de relativiser et de garder le sourire. »

Romain en forme le 38ème jour
Romain en forme le 38ème jour


15 décembre :
Faire ou ne pas faire ?
Problème existentiel pour Romain

J38 : Romain Attanasio trop impatient


14 décembre :
Vacation radio de ce matin :
« J’ai eu une journée un peu ventée hier : ça changeait de mon départ de Simon Bay ! C’était bien pour tout remettre en route après mon arrêt au mouillage pour réparer. Et ces deux derniers jours, le vent est rentré jusqu’à 30 nœuds et plus jusqu’à il y a deux heures. J’attends la dépression suivante : j’ai renvoyé un ris… Mes réparations ont l’air de bien tenir : en bâbord, le bateau est un peu plus difficile à contrôler puisque le safran est un peu plus court. En ce moment, c’est un peu moins agréable parce que le vent tourne et la mer est désordonnée et de travers.

J’ai réparé le safran le moins pourri, le tribord (il m’en reste une grosse moitié) et j’ai remplacé le bâbord par mon gouvernail de rechange. C’est surtout le fond de coque qui m’a posé problème : il est enfoncé sous le cockpit sur 1,5m par 20cm. J’ai renforcé la peau par l’intérieur parce que l’âme en Nomex est cassée : c’était un gros dossier parce que le snarckel (prise d’eau pour les ballasts) est cassé aussi et j’ai encore deux petites voies d’eau, mais pas grave. J’ai réinjecté de la résine et collé des plaques de carbone par dessus. De l’intérieur, ça n’a pas bougé malgré le vent et la mer que j’ai eus ces derniers jours. Ça fait du bien de reprendre le fil de la course : la semaine dernière, je n’étais même pas sûr de pouvoir repartir ! Et j’ai deux concurrents près de chez moi mais je ne vais pas aussi vite qu’avant mon incident : j’ai encore un peu d’appréhension. Ça va passer mais j’y vais à mon rythme en faisant attention au bateau. Ça ne m’empêche pas de regarder les classements : on verra quand j’aurais retrouvé tous mes moyens… »


12 décembre :
«C’est le bonheur !»
Vacation satellite du lundi 12 décembre 2016, 07h38 avec l’organisation du VENDEE GLOBE.
Aujourd’hui, Romain ATTANASIO est 22e et dernier du Vendée Globe, mais il est en course et très heureux de l’être après la réparation de ses deux safrans et de son fond de coque.
Les rires du skipper de Famille Mary-Etamine du Lys, joint ce matin, font plaisir à entendre.
Romain, comment vas-tu et quelles sont tes conditions de vent et de mer?
« C’est sûr que ça va mieux qu’il y a quelques jours ! Là, je suis sous gennaker au portant et la mer est plate. C’est incroyable les conditions que j’ai depuis hier, depuis que je suis reparti de Simon’s Bay. Au début je suis reparti dans 25 à 30 nœuds à tirer des bords dans la baie, c’était un peu la guerre. J’espérais que tout ce que j’avais fait en stratification soit bien sec… Le lendemain ça s’est calmé : j’étais d’abord au près sur un bord, juste ce qu’il fallait, et là depuis hier soir ça a ouvert, le vent est rentré, j’ai 15 à 20 nœuds de vent sur une mer super plate, ça glisse tout seul, bref c’est le bonheur ! J’en profite car je sais que ça ne va pas durer (rires) ! »

A quelle météo t’attends-tu pour les jours qui viennent ?
« J’ai une bonne météo pour descendre dans le Sud. J’ai contourné la bulle anticyclonique sous l’Afrique du Sud et j’ai eu de la chance car en plus elle s’est décalée et ne m’a pas trop gêné. Je n’ai jamais été arrêté et puis là je récupère du vent portant pendant quelques jours. Je vais avoir 20 à 25 nœuds de vent au plus fort, pas de tempête… jusqu’aux îles Crozet c’est plutôt pas mal ! Tant mieux parce que même si je commence à rentrer de nouveau dans la course – le bateau avance bien et tout – j’ai pris un ris dans la grand-voile assez vite. J’ai tellement peur de me taper quelque chose encore que c’est dur de repartir à fond. C’est normal, ça va passer, ça fait ça tout le temps. »
« Plus que deux mois de mer! »

On sent à ta voix que tu as retrouvé un moral excellent…
« Côté moral c’est top parce qu’il y a cinq jours, à ce moment où j’ai vu mes safrans exploser dans mon sillage, le monde s’écroulait. T’imagines tout, les pires choses… Je me voyais expliquer à tout le monde que c’était fini, me taper un mois de convoyage pour remonter l’Atlantique, ne pas remonter le chenal des Sables alors que je l’ai imaginé des milliers de fois. Tout ça c’est horrible, alors que là ça a été des petites et même des grosses victoires à chaque fois : ramener le bateau là-bas… ensuite j’ai eu peur que les safrans ne descendent pas vu qu’ils étaient parfaitement ajustés au point que j’avais eu du mal à les installer au printemps. Et puis je les ai fait tomber nickel, l’un était dans un meilleur état que ce que je craignais, j’ai fait ma strat’ dessus, je les ai d’abord déposé puis remis nickel, etc. Après, mon histoire de fond de coque m’a un peu embêté : ce n’est pas facile de percer la première peau, ça fait bizarre. Mais ça a bien marché. J’ai toujours une petite voie d’eau autour du shnorkle et j’éponge de temps en temps, mais mes strats sont propres. A chaque fois j’ai réussi à gérer, à repartir. Il y a cinq jours j’abandonnais le Vendée Globe, c’est tout, ce n’est pas plus compliqué que ça ! Et aujourd’hui je suis en course ! Je surveille mes réparations, mais je pense que ça tient. J’ai fait ma petite ‘Yves Parlier’ à mon niveau. Et voilà… maintenant il ne reste plus que deux mois de mer, quoi ! Deux mois, oh la vache ! Je ne suis qu’en Afrique du Sud quand même ! »
Et Romain éclate de rire à nouveau…


11 décembre :
Message de Romain reçu ce soir.
« Que de chose à raconter depuis ce tragique lundi dernier.
J’étais dehors en train de prendre des photos avec ma pancarte « cap de bonne Espérance » quand tout d’un coup j’ai senti un énorme choc et un bruit de carbone qui se casse.
En me retournant j’ai vu une masse noire sous la surface et mes 2 morceaux de safran disparaître dans le sillage.
Sur le moment je hurle car je sais bien que la course est finie.
Toute la course défile dans ma tête, de la création du projet en janvier, le passage du chenal aux sables, et surtout mon fils dont j’imagine sa déception. Je suis démunie et je ne sais pas quoi faire.
Je me précipite à l’arrière pour regarder les dégâts et je vois qu’ils sont cassés à moitié pour l’un et presque entièrement pour l’autre.
Non, ce n’est pas possible, pas les deux ?
J’ai un safran de spare dans le bateau car on peut en casser un mais les 2 en même temps !!!

J’appelle Sam à terre pour lui raconter mon infortune.
On réfléchit ensemble, puis on raccroche pour réfléchir chacun de notre côté.
On se rappelle : Il n’y a pas d’autre solution que d’aller à Cap Town.
Dommage je fais depuis 2 jours du sud pour avoir du vent plus fort et Il faut maintenant remonter au vent de travers.
C’est la guerre, 30nds de vent, je suis sous l’eau.
Puis le lendemain à quelques heures d’arriver c’est la pétole, plus un souffle d’air.
Le vent revient finalement et je décide d’aller a Simonstown que je connais grâce à mon voyage là-bas en 2013 à l’occasion de la première étape de la Volvo Océan Race que Sam courait.
J’arrive avant la nuit, je prends un coffre que m’a proposé les contacts que nous avons sur place (Sam gère toute cette logistique depuis la Bretagne alors qu’elle fait le routage de Thomas Coville)
Une sensation étrange m’envahi : le silence.
Plus un bruit à part le léger clapotis de la mer sur la coque.
Incroyable après un mois de bruit intense.
Après 2 jours de convoyage je dors pour attaquer au petit jour.
J’arrive à enlever les 2 safrans, un me semble réparable.
J’attaque la stratification avec l’aide téléphonique de mon préparateur, Julien bigot.
Des gens en canoé viennent me parler.
Une dame apporte un Coca. Je dois lui expliquer que je n’ai pas le droit d’avoir un contact physique avec l’extérieur sous peine d’être disqualifié.
Il y a même un drone qui vient me voir.
L’après-midi je stratifie, du carbone plein les mains, pas facile de faire ce genre de travail sur un bateau.
Heureusement que j’ai de la résine et un super outil pour couper et poncé offert par une société des sables d’Olonne, Rondeau, chez qui j’avais fait une conférence avant le départ…
Second problème, je découvre en inspectant la coque qu’il y a aussi eu un choc qui a délaminé celle-ci sur 1 mètre sous le cockpit.
Plusieurs échanges téléphonique avec l’architecte et Julot pour décider qu’il fallait ouvrir la peau intérieur, injecter de la résine,
re-stratifier puis renforcer avec une plaque de carbone que j’avais emmené au cas où.
Le lendemain matin le safran est sec, j’attaque la remise en place des 2 safrans.
Ce n’est pas simple, j’utilise mes chaines pour faire des gueuses pour que le safran coule bien et pouvoir ainsi le guider sous la coque pour le faire passer dans son tube jusqu’au pont, opération me prenant la matinée.
La veille il y avait 30nds de vent dans le port, j’avais donc attendu ce matin car les prévisions annoncés une courte accalmie…….sous la pluie, pas grave!
J’ai réussi, qu’elle joie a chaque fois que j’arrive à faire quelque chose.
L’après-midi, je m’occupe de la coque.
Je dois découper la peau intérieur de la coque pour injecter de la résine dans le sandwich, que de stress mon dieu, puis stratification et renforcement.
Je suis épuisé mais c’est bon, c’est fait.
Le soir même, je bois une bière que j’avais emmené pour Noël et je mange mon lyophiliser alors que je suis entouré de restaurants à terre.
Voilà, les travaux sont finis.
Je dois attendre la nuit que la résine sèche puis je pars au petit matin.
Il y a 30nds au près, galère, mais bon, je suis toujours en course,
Ha, ha!
Maintenant j’espère que tout cela va tenir.
Je suis en course sur le Vendée Globe et Famille Mary- Etamine du Lys fille vers le cap Lewin.

Une dernière chose, je vous remercie énormément pour tous vos messages de soutien, vous m’avez porté pour surmonter cette épreuve, je n’étais pas seul finalement, je vous sentais tous à mes côtés.
Merci, Romain. »


Dans ce numéro du « Vendée Globe – Paroles de solitaires », du 11 décembre, les skippers mettent la main à la patte.
Victimes d’avaries, ils troquent le costume de marin pour celui de mécanicien.

Il n’y a jamais de problèmes,
Il n’y a que des solutions…
La preuve par l’image.


10 décembre :
La guerre pour sortir de la baie 30nds dans l’axe a tirer des bords le long des falaises, comme en Figaro.
Rien n’est facile.

La vidéo qui résume la réparation des safrans à Simonstown sur Famille Mary Etamine du Lys.
Beau travail Romain !


09 Décembre :
Il est content Romain. Mission accomplie……
Retour en course demain matin.
Le plus dur, ce sont les odeurs de bonne bouffe que renvoient les restos côtiers …

Good News de Romain: strat fini et déjà les 2 safrans en place !
Contrôle et petit lifting de la coque en cours…

Safran re-stratifié
Safran re-stratifié

08 Décembre :

Superbe vidéo de Romain en pleine réparation.

Mouillage paisible pour réparer.
– 1er objectif, enlever les safrans… Fait
– 2eme objectif, décaper celui qui est récupérable… en cours
– 3eme objectif, replacer le neuf et le réparé
– 4eme objectif, repartir en course.
– 5eme objectif, rattraper devant.

 

Romain au mouillage à Simonstown.
Romain au mouillage à Simonstown.